Christophe Colomb

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La mort de Colomb

Peu de jours après, le 26 novembre, mourut son auguste protectrice, la reine Isabelle. Cette perte cruelle acheva d'abattre son courage. Colomb mourut à Valladolid le 21 mai 1506. Ses dernières paroles furent celles du Sauveur mourant : "Je remets, ô mon Dieu, mon esprit entre vos mains". Vers 1513, son corps fut transporté à Séville, et de là, entre 1540 et 1559, conformément à un voeu qu'il avait exprimé avant sa mort, dans l'île de Haiti à Saint-Domingue. On exhuma ses restes pour les déposer à la Havane le 19 février 1796.

La vie de Colomb a été, sauf un très court répit, une longue série de souffrances. Que de temps il dut chercher, mendier, solliciter et attendre jusqu'à ce qu'il trouvât quelqu'un qui lui fournit les moyens de voguer vers l'ouest et de découvrir les pays que son génie lui faisait entrevoir au-delà des mers! Puis vinrent des jours de victoire, de succès et de gloire : ceux qui s'écoulèrent entre son retour du premier voyage et son départ pour le second. Mais déjà alors, de nouveaux malheurs le menaçaient et son existence devint de plus en plus pénible, jusqu'à ce qu'enfin il mourut oublié, délaissé, méconnu. Une autre chose encore qui doit nécessairement nous frapper dans la vie de Colomb, c'est l'intime conviction que c'est Dieu qui, par un décret particulier, l'a appelé à découvrir de nouveaux pays et de nouveaux peuples. Ce n'est pas pour le service et l'intérêt de la science, moins encore pour acquérir des richesses et des trésors qu'il a entrepris ces grands et périlleux voyages, non, son principal, son seul but était, conformément à sa divine mission, de propager le christianisme et la gloire de Dieu, de procurer à de nouveaux peuples la grâce de la Rédemption au sein de l'Église.

Si le souvenir de Colomb et de la découverte de l'Amérique concernent l'humanité toute entière, la science et l'histoire, d'après ce que nous en savons, intéressent tout particulièrement les personnes d'un point de vue religieux. C'est ce qu'exprime clairement Léon XIII dans un écrit adressé à une association de Buenos-Ayres qui avait décidé d'ériger dans cette ville un monument à Christophe Colomb à l'occasion du quatrième centenaire de la découverte de l'Amérique. Le Pape écrit entre autres : "Vous aviez raison de prévoir que votre projet obtiendrait notre approbation. Il est en effet bon et convenable d'honorer des hommes magnanimes qui ont bien mérité de la religion chrétienne et de la société humaine, et Colomb a fait de si grandes choses, son génie et sa persévérance sont devenus pour les deux hémisphères la source de si grands biens que, sous ce rapport, peu d'hommes peuvent lui être comparés. Mais s'il a entrepris des voyages si difficiles, s'il a affronté de grandes fatigues et d'immenses dangers, il l'a fait dans le but de frayer de nouvelles voies à la propagation de l'Évangile, d'amener des peuples nombreux, encore plongés dans les ténèbres de la mort, à la connaissance du vrai Dieu et de les gagner pour Jésus-Christ, et c'est pour cela que nous devons lui conserver un glorieux souvenir."


Ce document a été produit par Claude Dionne

Bibliographie: Site internet : http ://www.crif.ca/textes/c_colomb.htm
Almanach du Peuple, 1893, p. 84-96 - Bibliothèque nationale du Canada
Transcription : Louise Lefebvre
Préparé pour le CRIF (www.crif.ca)



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Ce document fut mis à jour le 12 octobre 1998.