Denis Racine

 
Denis Racine
Date de naissance: 1953-06
Lieu de naissance:  Québec
Date du 1er degré: 1979-12
Date du 2e et 3e degré: 1980-01
Date du 4e degré: 2013-05
Grand Chevalier: 01-07-2014 au 30-06-2017
Mot du Grand Chevalier
                       
Commentaires personnels sur l’engagement colombien

Mon engagement au sein du Conseil 4494 de Limoilou, en 1979, coïncidait avec le début de ma carrière. Mon engagement au sein du Conseil 10017 de La Nativité de Notre-Dame de Beauport, en 2013, coïncide, quant à lui, avec le début de ma retraite. Cet engagement au sein du Conseil 10017 est une manière pour moi de « boucler la boucle » si on peut s’exprimer ainsi. Au fil du temps, mes engagements ont toujours été les mêmes, soit ma famille, ma paroisse et mon conseil.

C’est donc avec le même esprit de service des premières années que j’aborde mon mandat de Grand Chevalier et avec la même ardeur que celle du « chevalier » du Moyen-Âge pour son seigneur et pour l’Église.

En effet, au Moyen Âge, la chevalerie était appelée à une haute mission soit maintenir et défendre la foi catholique[i].

Le chevalier manifestait son patriotisme en étant fidèle à son seigneur (son roi) et en protégeant les faibles (les pauvres, les veuves et les orphelins). Il devait être preux[ii], c’est-à-dire vaillant. La vaillance du chevalier désignait l’ensemble des qualités morales et physiques qu’il devait posséder.

Il devait aussi être loyal. En effet, son premier devoir était de tenir sa parole. S’il brisait le lien de confiance auquel il s’était obligé, il perdait sa réputation.

La chevalerie du Moyen-Âge était une fraternité dans laquelle tous les membres s’entraidaient. D’ailleurs, il était très important que les chevaliers puissent se faire confiance puisqu’ils combattaient ensemble. Ils devaient être solidaires et faire preuve d’unité afin d’assurer leurs camarades qu’ils ne les laisseraient pas tomber[iii].

Un chevalier ne devait pas s’attacher aux richesses mais plutôt les distribuer en posant des actes de charité.

Enfin, un bon chevalier devait également faire preuve de mesure, c’est-à-dire qu’il devait savoir réprimer ses excès de colère, d’envie, de haine et de cupidité. Il devait être capable de se maîtriser dans le feu de l’action et faire la mesure entre la prouesse[iv] et la sagesse. La courtoisie contribuait aussi à promouvoir cette mesure à condition de ne pas verser dans l’excès.

En suivant ces règles morales non écrites, un chevalier vivait selon une éthique et un code de l’honneur. En fait, il devait redouter plus la honte, telle la dégradation, que la mort[v].

Frères Chevaliers, que nos actions de CHARITÉ, d’UNITÉ, de FRATERNITÉ et de PRATIOTISME soient elles aussi imprégnées de ce même sens de l’honneur.

Comme l’a dit Pierre le Vénérable, neuvième abbé de Cluny de 1122 à 1156, à propos des chevaliers de son époque, soyons nous aussi des moines par nos vertus et des soldats par nos actes[vi].

Denis Racine

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[i] Jean FLORI, Chevaliers et chevalerie au Moyen Âge, Librairie Arthème Fayard/Pluriel, 2010, p. 217; Chevalerie et christianisme aux XIIe et XIIIe siècles. Actes du colloque de Poitiers, 5 et 6 novembre 2010, dir. M. Aurell, C. Girbea, Rennes, P.U.R., 2011, p. 8-9.

[ii] L’adjectif « preux » provient du vieux français « prod » vers 1080, preu », « proos » ou « prou(s) » vers le XIIe siècle ». Il est issu du bas latin, soit du mot « prode » « avantage, profit, chose utile », de l’adjectif « prodis » « preux, sage, vertueux » ainsi que du verbe « prodesse » qui signifie « être utile ». Progressivement, ce mot aurait connu un glissement sémantique vers le sens de « prude », et se serait rapproché de « prudent ». Enfin, l'adjectif anglais "proud", « fier » en français, vient également de "preux" par l'anglo-normand. Voir : A. J. GREIMAS, Dictionnaire de l’ancien français, jusqu’au milieu du XIVe siècle, Librairie Larousse, 1980; Le Petit Robert, 2014; Merriam-Webster Online Dictionary.

[iii] Il existait des ordres chevaleresques religieux : l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem aussi connu sous le nom de l’Ordre de Rhodes puis de l’Ordre de Malte du nom des lieux de leurs sièges successifs. En 1118, l’Ordre du Temple de Jérusalem, à caractère militaire, fut fondé. Il y a aussi eu des ordres internationaux tel celui du Saint-Sépulcre et celui de Saint-Lazare voué aux soins des lépreux.  À ce sujet voir Philippe Du PUY de CLINCHAMPS, La Chevalerie, « Que-sais-je ? », no 972, 2e éd. rev., P.U.F., 1966, 126 p.

[iv] Le mot « prouesse » (proëce vers 1080) vient aussi de « preu ».

[v]  la-litterature.com : « Histoire de la littérature française, La Chevalerie ».

[vi] Jean FLORI, L’Essor de la chevalerie, XIe - XIIe siècle, Librairie Droz, Genève, 1996, p. 211 : «Tels sont les milites Christi dont Bernard (de Clairvaux) voudrait voir  se multiplier le nombre. Chevaliers par leurs exploits guerriers débarrassés de toute vaine gloire, guerriers d’une cause sainte. Moines aussi, par leur vertu. Pierre le Vénérable le dira aussi : Estis monachi virtutibus, milites actibus

 


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